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Le 25/07/2006, 00h46

Pour la postérité


La seconde rencontre s'est déroulée chez lui. Je voulais apprendre à le connaître, tâcher de comprendre qui se cachait sous les deux plumes qui semblaient lui avoir poussé sur la tête. Ce genre de boulot n'est pas si courant, dans le coin. Ca me changeait des travaux habituels. "Oui, Mme Trucmuche, vos photos seront prêtes dans deux jours". Ces portraits devraient non pas lui voler son âme, mais la montrer du doigt, la faire ressortir, la magnifier.

Le vieux n'en était pas à son coup d'essai. Des clichés plus ou moins encadrés ornaient déjà sa bicoque. Certains dataient de Mathusalem. Et pourtant, il ne semblait pas avoir changé d'un poil : mêmes fringues, mêmes plumes, même regard sombre. Quel âge pouvait-il avoir ?



Dans son univers, sa langue a commencé à se délier. Ces images, il les voulait pour la postérité, pour qu'on se souvienne de lui dans des siècles et plus.

Quelle illusion ! pensais-je... La plupart des gens sont oubliés en à peine deux générations. Alors des siècles... Et, quand bien même ces photos dureraient jusque là, qu'évoqueront-elles à ceux qui les regarderont ? D'ailleurs, restera-t-il encore quelqu'un pour les regarder ?

Fin de la seconde partie...



Aparté: Je ne sais pas si vous connaissez déjà Zazon. Je l'ai découverte hier, en cliquant depuis chez Maëster. J'ai beaucoup ri avec ses candides caméras...


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Le 23/07/2006, 23h45

Le vieux au portrait




Quand ce vieux-là a poussé la porte du magasin de photos (tous travaux), j'ai d'abord pensé à une erreur. Pas du genre à apporter une pellicule à développer. Et les indiens ne se font pas tirer le portrait. Ils pensent qu'ainsi, on leur vole leur âme. Leur âme... C'est vrai que si on en avait une, ça serait trop con de se la laisser voler.

Du coup, j'ai pas su trop quoi dire quand, dans l'embrasure de la porte, il m'a justement demandé si je pouvais lui en faire, des portraits. "Ben ouais... chuis là pour ça".

Les clients ne se bousculaient pas, on a fait une première séance. Il ne parlait pas, peut-être intimidé. Mais je n'étais pas mieux et pas content de ce que je faisais. J'ai prétexté un boulot à terminer et on a pris rendez-vous pour le lendemain.

Fin de la première partie...


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Le 20/07/2006, 23h51

Vous avez du feu ?




En plus, ça n'était même pas pour fumer mais pour faire des essais de jeux de lumière, après que Delphine nous ait tous piqués à ça, l'an passé. La voir recommencer m'a fait ressortir cette photo.

Delphine : je n'ai pas encore trouvé la réponse à ton problème d'infos de commentaire oubliées, mais je ne désespère pas...



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