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Le 04/11/2008, 18h45

Béatitude



Le titre est évidemment une référence à la série Smiling de Bé@ (et donc devrait s'orthographier Bé@titude). C'est aussi un clin d'oeil au modèle, à une très belle journée passée chez eux, entre autres à manger une poêlée de cèpes :)


C'est aussi un sourire par anticipation, le mien, celui qui suivrait l'élection de Barack Obama, aujourd'hui. Sourire probable mais loin d'être encore joué, car j'ai le sentiment qu'à chaque fois que les médias français ont marqué un fort penchant pour un candidat dans une élection étrangère et l'ont annoncé vainqueur, il a été battu. Je me souviens comme si c'était hier de l'élection israélienne qui a vu la défaite de Shimon Peres en 1996. Ce dernier était annoncé vainqueur le soir du vote, on s'est endormi dans un état d'euphorie et réveillé dans un Netanyahu.

Mais ce sourire anticipé s'accompagne de certaines craintes dont j'ai entendu les médias se faire l'écho ce matin même. Obama a généré un espoir gigantesque en dehors des Etats-Unis, là où le ras-le-bol de Bush était le plus fort, mais aussi aux Etats-Unis, et particulièrement dans certaines catégories dites "défavorisées" de la population. Mais il y a quelques faits qu'il faut conserver en tête :
- les programmes d'Obama et McCain ne sont pas si éloignés sur de nombreux points;
- Obama, s'il est élu, sera le président des Etats-Unis;
- Obama est un homme politique;
- Obama n'est qu'un homme.
Un examen attentif de ces points nous permet de comprendre qu'il ne fera pas de miracle. Un homme politique de bonne volonté (accordons-lui ça par hypothèse), une fois au pouvoir, fait ce qu'il peut avec les moyens du moment et dans le contexte du moment, particulièrement difficile. Et ce qu'il fera, il le fera en premier lieu pour son pays. Il est donc probable que les espoirs placés en lui seront déçus, simplement parce qu'il n'est pas possible qu'ils soient réalisés au niveau de l'attente. Et plus l'attente est grande, plus la chute est haute.

J'exagère peut-être dans le pessimisme, ou le réalisme, quand tant veulent du rêve. Mais s'il passe, il y a un espoir qui ne sera pas déçu : celui de voir nos sociétés poursuivre leur ouverture vers une pluralité toujours plus grande, bref, vers plus d'acceptation, de tolérance. Et ça, c'est bien.



Statistiques
Dans une élection, il y a des électeurs et des électrices (oui, depuis quelques temps, par chez nous, c'est comme ça). J'ai entendu qu'aux Etats-Unis, les femmes représentent 54% des électeurs. Mais elles représentent aussi 100% des électrices. Mais alors, où sont les hommes ? :)


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Le 03/11/2008, 01h27

Migrateurs, mais complètement partis




Vendredi, en fin d'après-midi, MiniFrez débarque toute excitée : "Pou ! (oui, pour ma puce, je suis son pou) Pou ! (notez, comme elle n'est pas toujours très rapide*, je suis son pou mais elle est ma lente) Pou ! Regarde par la fenêtre, et prends ton appareil photo !". A partir de là, pendant peut-être trois-quarts d'heure, nous avons assisté à un spectacle grandiose : le rassemblement puis le départ pour la migration hivernale de dizaines de milliers** d'oiseaux. Hitchcock en aurait fait des cauchemars.




C'était complètement fascinant. Des groupes gigantesques, proches, éloignés, qui apparaissaient, volaient dans un sens, dans l'autre, puis disparaissaient. Les photos, prises au hasard pour témoignage, ont bien du mal à rendre compte de la majesté de ce rassemblement. Une fois, nous avons même eu droit à des figures à la X-Files.




Ce qu'il faut voir, sur la dernière photo, par exemple, c'est que les oiseaux ne sont pas que les grosses tâches sombres. Ce sont tous les points, jusqu'aux plus petits. Quand tant volaient, j'avais le sentiment de me retrouver dans un univers fractal : quelque soit le niveau de zoom choisi, je voyais la même chose, des oiseaux plus gros, proches, mais aussi des plus petits et des minuscules, très éloignés. Chaque détail contenait autant d'oiseaux que l'ensemble, chaque partie était identique au tout.

Puis, après une nouvelle pause, ils ont fini par s'envoler une dernière fois, ce coup-ci tous dans la même direction. A tschaw, les petits. Rendez-vous au printemps.

Les bordelais doivent en avoir l'habitude. Aucun passant n'a même fait semblant de lever la tête. Nous devions avoir l'air de touristes, à notre fenêtre.



* : pour ça, elle tient de moi :)
** : au bas mot, peut-être des centaines de milliers. Et je ne suis pas de Marseille...


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Le 29/10/2008, 23h45

La course aux haricots [Edité]




Illustration faite sur le dossard de MiniFrez pour le cross de son collège, il y a quelques jours.



Cette course chaotique me fait furieusement penser à l'état actuel du monde de la finance qui, incapable de comprendre et de parvenir à maîtriser ce qu'il a fini par provoquer, s'affole et court de toutes parts pour perdre le moins possible de plumes (et accentue plus encore la chute) : il court pour gagner des haricots*, en priant que ce ne soit pas leur fin, aux haricots*. Mais, quand une bulle crève, à quoi bon chercher à rattraper l'air qu'elle contenait ? Les bourses se sont chopées un cancer des testicules. Ca me ferait mourir de rire si ça n'avait pas tant de conséquences sur "la vraie vie", sur "l'économie réelle", comme ils disent.

J'aurais bien tenté ici une analyse de l'utilité et des dangers de cette finance-là. Mais, bien que le sujet me paraisse intéressant, j'ai peur de lasser car l'article sera forcément long et complexe. Je m'arrêterai donc à ce trait d'humeur.



Vertigineux !! [Edit du 30/10 - 13h10]
Allez voir la vidéo sur l'argent dette, de Paul Grignon, déposée dans les commentaires par flukux (grand merci). Elle dure plus de 50 minutes, alors allez-y quand vous aurez du temps. Elle est juste vertigineuse. On avait une idée de l'absurdité d'un monde en croissance perpétuelle, mais placé dans cette perspective, ça fout plus que les chocottes. Quand on pense que tous les gouvernements ont réinjecté de l'argent (qui vient d'où ?) dans le système pour permettre qu'il se poursuive, ça nous ferait presque adhérer à la théorie de la conspiration évoquée à la fin... Allez voir et faites circuler !



* : pour les diverses expressions utilisant le mot haricot, allez donc consulter Atilf.


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