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Le 25/01/2007, 23h30

L'autre côté du miroir



Note pour Ph& : oui, les miroirs existent encore. Mais sont-ils vraiment ce que l'on pense ?



Des affaires Clearstream, il ne reste plus grand chose aujourd'hui (pour une piqûre de rappel, on consultera avec profit les diverses notes sur le sujet du Chat Perçant). Les affaires, car il y en a bien eu deux : la première, c'est la révélation de la fantastique mécanique à blanchir de l'argent qu'est cette banque luxembourgeoise dans le livre du journaliste Denis Robert, révélation qui n'a quasiment pas eu de suites, en tous cas, pas celles qu'on aurait pu espérer. La seconde, c'est la tentative de manipulation qui a été faite de listings trafiqués de clients de cette banque. Les protagonistes politiques de cette dernière ne seront pas inquiétés. Que reste-t-il alors ? Denis Robert* que Clearstream veut couler à coup de procès. Pas en attaquant sur des points mensongers de l'enquête, non, mais simplement en le ruinant dans des frais de procédures sans fin. Les uns ont tort mais ont de l'argent, l'autre raison mais a beaucoup moins d'argent. Qui va gagner ? Si l'évocation de la réponse économiquement logique à cette question vous révolte, vous pouvez soutenir financièrement Denis Robert. Allez voir ce blog pour y trouver toutes les infos et bien d'autres choses. Et si le sujet vous intéresse, allez également lire celui du journaliste (pour ma part, c'est une note chez l'excellent Maëster, il y a quelques jours, qui a attiré mon attention sur le sujet).

* : les demandes de dommages et intérêts concernent également ses témoins, les Arènes et Julliard ses éditeurs ou Canal plus qui a diffusé ses films.



- Mots clés : Photo, Montage, Blabla, Clearstream -
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Le 23/01/2007, 01h05

La vie au café



Pub copinage express
Une collègue (donc informaticienne de profession habituelle), Murielle Renault, publie au Dilettante un premier livre qui n'a rien à voir avec l'informatique : Enfin la vérité sur les contes de fées. Pour ce roman, elle a repris un cadre existant, celui de Treize minutes, premier roman de Nicolas Rey, qu'elle présente du point de vue d'un des autres personnages : Marion. Mais c'est là juste un support dont elle se sert pour se lancer, et il n'est nul besoin d'avoir lu Treize minutes pour apprécier La vérité... Vous pouvez y aller les yeux fermés.



- Mots clés : Dessin, BD, Copinage, Murielle Renault -
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Le 17/01/2007, 23h25

Ouhouhouhouhou...



Vous avez entendu ? Les médias ne parlent plus que de ça, ou presque : la France est le pays le plus fécond d'Europe, presque du monde. Et ils s'en félicitent, s'en font une gloriole : "Bravo les petits ! Continuez !"... C'est quoi, cette connerie ? Où ont-ils vu que l'augmentation de la population mondiale était un bien ? Parce que ça va faire plus de consommateurs pour nos belles industries ? Plus de travailleurs pour payer les retraites des vieux ? Sûr. Plus de déchets donc, de pollution, toujours moins de place aux autres espèces, à la nature, à la vie, quoi, à toutes ces choses que, dans notre vision de parasite, nous nommons ressources naturelles. Mais ils ont raison : plus nombreux on sera, plus vite ça arrivera...

L'autre jour, je suis tombé par hasard sur ce texte d'Albert Jacquard (ou ), extrait de Au péril de la science ? éd. du Seuil, 1982.


Grâce à la technologie que nous avons mise au point, nous modifions presque à notre gré, et modifierons plus facilement encore dans un avenir proche, les conditions naturelles dans lesquelles nous vivons. Depuis peu nous avons pris conscience des conséquences à long terme de cette action ; nous avons constaté qu’en dehors même du cataclysme nucléaire que nous pouvons déclencher, nous épuisons les ressources disponibles, lentement accumulées au cours des périodes géologiques, et perturbons des équilibres millénaires.

Notre planète n’est pas si grande, et nous sommes condamnés à y rester. En quelques instants nous détruisons, pour des satisfactions futiles, des richesses lentement drées par la nature : pour informer le « public » de la défaillance de tel champion ou du divorce de telle vedette, nous détruisons des hectares de forêt transformés en papier journal, dont une infime partie fera l’objet d’un regard et qui sera, quelques instants plus tard, devenu poussière et gaz carbonique. Les déchets que nous produisons s’accumulent et les océans eux-mêmes sont transformés en poubelle, une poubelle qu’aucun éboueur ne viendra jamais vider. Notre recherche immédiate de confort et de plaisir menace à long terme notre survie ; elle menace, dans le même mouvement, toutes les espèces qui cohabitent avec nous sur la Terre.

Un des cas les plus aberrants et les plus spectaculaires de destruction absurde d’une richesse collective est le massacre des baleines ; toutes les espèces de ce mammifère se raréfient et risquent de disparaître. L’effectif de la baleine bleue, géant absolu non seulement de la mer, mais de toutes les espèces qui vivent ou ont vécu sur la Terre, n’est plus que d’environ 3000, alors qu’il dépassait 40 000 il y a un demi-siècle. Des mesures de protection, bien tardives, ont été prises, mais les deux principaux pays responsables, le Japon et l’URSS, se sont longtemps opposés à leur application. L’objectif de ce massacre est particulièrement dérisoire : avec la chair des baleines, on fabrique essentiellement des aliments pour chiens et chats, des lubrifiants et du rouge à lèvres.

Pour que la vie se maintienne sur notre planète, faudra-t-il souhaiter, comme Nietzche, et organiser la mort de l’homme ?



Sa dernière phrase fait froid dans le dos, mais j'ai rarement lu de texte plus en phase avec ce que je pense aujourd'hui.


Edit du 18/01, vers 23 heures
Si vous l'avez manqué dans les commentaires, ou si vous n'êtes pas encore allé le voir, précipitez-vous voir L'île aux fleurs, signalé par julielanne, un film très intelligent et dont le message final est d'autant plus fort (genre coup de poing dans la gueule) que le film est à mourir de rire (presque) jusqu'au bout. Merci Julie pour ce cadeau.



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